Fenua Orama ferme : réflexions d'un photographe

La semaine dernière, Je scrolle LinkedIn machinalement. Le profil d’une journaliste du Fenua Orama. CV fraîchement mis à jour. Mention "À l'écoute de nouvelles opportunités".

Quelques minutes plus tard, ma boîte mail vibre. La direction du magazine. Tous les prestataires en copie.

"Nous avons le regret de vous informer..."

Voilà comment j'ai appris que Fenua Orama fermait après 25 ans. Le numéro de février sera le dernier.

Par un profil LinkedIn et un mail collectif. Brutal, mais c'est 2026.

Ce que ça change concrètement

Pour moi, photographe occasionnel du magazine, c'est sur c’est la perte d'un espace créatif unique.

Mais pour des gens comme Meryl Rouger, maquilleuse et directrice artistique qui bossait tres regulièrement avec eux ? C'est vraiment la fin d’une époque.

Meryl, c'est elle qui m'appelait pour ces projets. Elle qui montait les concepts, qui imaginait les univers visuels, qui orchestrait tout.

Moi, j'arrivais avec mon appareil et ma lecture de la lumière. Mais la vision, c'était la sienne.

La cover d'août 2021 avec Tiga

Un des projets dont je suis le plus fier.

Meryl m'avait contacté pour shooter Tiga en couverture. Elle avait cette idée précise : révéler la puissance brute de cette vahine, pas juste la "faire jolie".

Son makeup était incroyable un bleu vert magique. Pas là pour enjoliver, mais pour sculpter, magnifier, affirmer.

Moi, j'ai traduit ça en lumière. Chaque ombre comptait. Chaque reflet racontait quelque chose.

Le résultat ? Une image qui sortait du cadre habituel. Une couverture dans toute son intensité, sans filtre, sans compromis.

Ce genre de projet, tu ne peux pas le faire n'importe où. Il faut un espace de liberté créative. Fenua Orama était cet espace.

Ce qui disparaît avec le magazine

Pour les créatifs réguliers comme Meryl : un débouché professionnel stable, une plateforme qui valorisait leur travail de direction artistique

Pour les photographes occasionnels comme moi : des opportunités de collaborations qu'on ne trouve nulle part ailleurs

Pour les vahine polynésiennes : un lieu où elles se découvraient sublimées dans une vraie narration visuelle, pas juste du contenu Instagram

Pour tout un écosystème : stylistes, coiffeurs, assistants, rédactrices... des dizaines de petites mains qui vivaient grâce à ce titre

Et maintenant ?

Les talents sont toujours là.

Meryl va continuer de créer des univers visuels incroyables. Elle trouvera d'autres plateformes, d'autres projets.

Moi, je continuerai d'écrire l'amour avec la lumière pour mes couples, mes familles, mes marques.

Mais on va devoir réinventer nos terrains de jeu. Construire d'autres espaces où la créativité polynésienne peut s'exprimer sans compromis.

Mauruuru, Fenua Orama

25 ans à offrir une vitrine aux créatifs du fenua.

25 ans à sublimer nos vahine avec authenticité.

25 ans d'archives visuelles qui racontent l'évolution de notre regard sur la beauté polynésienne.

Le magazine ferme, mais l'énergie créative reste.

Elle va juste s'exprimer autrement.

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